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Hasard, hasard….comme est bizarre cet éden. Coïncidence ? Une évidence. Alors même que le génialissime Quentin Dupieux nous revient avec un film creusant entre un peu plus cette mine de l’étrange, son pendant musical nous revient. Si l’un passe son temps outre Atlantique, eux se sont construits un territoire couvrant le Nord de la France et le Sud du Benelux, comme un Groland sans la scatologie, mais avec cette science de l’absurde qui déroutera les cartésiens ennuyeux, les intellectuels professionnels d’une profession prodigieusement chiante, et ennuyera au plus au point les mollusques d’une chanson qui se dit française (mais surtout chiante) par l’impossibilité à se présenter autrement.

Dylan Municipal est donc de retour. J’avais bien eu une pochette qui servira à mettre mes vaccins au frais, mais le temps m’empêcha de narrer ici cette folle aventure. Mais voici donc le temps des rires et des chants avec « Nieuport/Nieuwpoort ». Des rires vite transformés en sourires, puis en crispation, et pour finir dans l’absolue inquiétude dans laquelle pouvait nous tremper Quentin Dupieux dans un film comme « Rubber », ou quand le surréalisme nous empêchait finalement de regagner la soit disant réalité, partant alors dans un monde où la simple prononciation du mot bandana pourrait nous foutre une trouille glaçante.

Ces 8 nouveaux titres de Dylan Municipale ne font jamais dans la gaudrioles faciles, le mot est d’ailleurs à proscrire ici, car sans intellectualiser à outrance (déjà car c’est mal poli pour les lecteurs d’ADA qui sont abonnés à Télé 7 jours, mais en plus car ce serait au final aussi chiant qu’un album de Vincent Delerm reprenant des chansons sur le romantisme grégaire dans les milieux agricoles) ce disque qui commence comme un très bon Sonic Youth et qui se termine en jouant avec les nuages pour que se reproduise sur le sol le fantôme d’une Carmen, est avant tout une critique pas si évidente pour les lecteurs du Figaro, du spectacle de la société. Une parabole filandreuse qui restera entre les dents des carnivores aux dents en or. Inutile de vous faire une énumération des punchlines (pour faire câblé comme disait Mitterrand chez Mourousi) car l’exhaustivité se sentirait insultée si nous l’escamotions.

Tout aussi déroutant (c’est une force de dérouter encore après tant de temps….allitération en « ant » pour les lecteurs de Notre Temps) est cette façon de rendre flippant un morceau de Kazero, comme Dupieux arrive sur son dernier opus à rendre tout à la fois irritant et obsédant une pièce de Philip Glass. Dylan Municipal rend tout ce qui nous est commun extraordinaire, la moindre mouvement anecdotique sera ici transformé en une quête, une prouesse, une aventure redonnant à l’homme une envie de se projeter plus haut, plus fort (suis je moi aussi à cet instant dans une prospective plus haute que la simple estime que je peux me porter ?).

Dylan Municipal est donc de retour, comme un écho déjà lointain à « Courtermise », ou quand un titre semble se battre dans un duel sans merci avec la normalité (l’anormalité est aussi accepté par les membres du conseil de surveillance de ce site), laissant la vulgarité à ceux qui pensent que la poésie rime avec….febreze. Poésie, Tome 1 Acte 2.