> Critiques > Labelisés



Will, j’ai une pathologie incurable. Mon entourage a fini de s’en inquiéter, mon médecin ne voit pas de quoi je parle, mon psychologue qui n’est qu’un personnage imaginaire, prend le contre pieds pour un art divin. Alors je sais que je ne vais avoir aucune épaule sur laquelle me reposer, aucun bras dans lesquels il me sera réconfortant d’être. J’essaye des traitements qui ne sont que des placebos, je le sais, mais je danse avec mon réconfort factice, je respire son air pour vite lui en priver, car je sais qu’il ne pourra rien.

C’est incurable, mais ce ne sont pas des maux qui m’étreignent, je ne vais pas vers le trépas, guidé par des rails portant le train d’un souffrance. La vie est corolaire de cette pathologie, et même si la douleur est présente, elle est apaisante comparée à la dureté du monde. Will vous êtes ma pathologie. Je ne peux me permettre de ne pas vous écouter au moins une fois par semaine, que dis je une fois par jour et cela depuis votre premier album.

Que ce soit avec les différentes déclinaisons de Palace, sous votre nom ou sous celui de Bonnie Prince Billy je n’ai trouvé un endroit, une pierre au milieu d’une pâture, aussi empreinte d’une telle fausse religiosité qui ne soigne pas les âmes par la complaisance, mais par l’apport d’un miroir qui ne déforme aucune vérité, sauf celle de la tristesse infinie dans laquelle notre existence nous plonge. Vous êtes ma pathologie incurable, et vos sorties multiples ne font qu’aggraver mon cas, surtout quand vous semblez être autant l’os, comme ce fut le cas le temps de ces Peel Sessions.

Je sais où me nicher, entre vos bras, reconforté que je suis par vos mots qui me prouvent que mon asthénie supposée n’est qu’une faiblesse, une mélancolie pathologique (décidément) que paradoxalement vous êtes le seul à soigner. A la fois la cause, la conséquence et la solution, Will Oldham vous êtes le lien qui fait qu’une vie n’est pas comme elle devrait être, car l’écume de vos chansons recouvrent nos craintes en l’après, comme une transcendance. Ne me quittez jamais, pathologie incurable, baume indispensable, voix réconfortante de mes chimères.