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Faites chauffer le goudron, préparer les sacs de plumes, et ne vous inquiétez pas, vous allez m’attraper sans problème, j’ai déjà les pieds dans le béton, ce papier étant quasiment un suicide micro médiatique dans la bien pensante fratrie de la culture dite indépendante.

Comment !!! parler ici du disque d’un des plus gros arnaqueurs de la cause africaine ?.

Comment !!! parler ici du disque de la grosse caravane publicitaire mélangeant les torchons et les serviettes mais oubliant de laver ses gamelles, et avec le temps tout cela commence à sentir.

Comment !!! un disque qui parle des morts alors que ces pauvres macabés n’y peuvent rien. Il est quand même plus digne de sortir des caveaux de famille des live et des inédits pour payer un hybride pour la rentrée en FAC du petit.

Comment !!! s’interesser à une machinerie , un transformeur, la caricature du rock pendant que les vrais, ceux qui fuient le succès (alors que souvent, soyons honnêtes c’est lui qui ne vient pas) eux gardent la main sur le cœur, le porte feuille apparent dans la poche arrière du pantalon, à la libre disposition, car oui nous le savons tout le monde fait cela pour l’art, mais U2 est sa bande ne fait que du fric.

Comment !!! s’intéresser à un disque que Bono présente comme « Tenter de comprendre plus en détail la formation de notre groupe, les relations liées au groupe, notre amitié, nos amours, nos familles (...)" tout cela pour flatter une fois de plus son égo.

Croquons U2 donc et crachons le trognon de la pomme, elle même subtilement avalée, les pépins iront accompagner une salade niçoise celle ci donnera du grain à moudre à une certaine veine dite indépendante qui ne distrayait pas le spectateur comme le disait Jacques, mais qui ne crache pas contre l’odeur des ferrailles polies dans les machines savamment "besognées" par les adorateurs du billet vert et de la machine à calculer.

L’effroi provoqué par cette obligation de prendre, laissait à penser que le viol était tout aussi collectif que mondial, comme si la petite vérole se transmettait par l’achat de la baguette du matin.

Alors pourquoi chroniquer ce disque ni nul, ni excellent, un disque comme U2 en fait de puis l’après Pop, des disques qui font rougir et qui font bouillir car derrière les erreurs se cachent aussi des perles. A quoi bon donc, pour faire rire ? Pourquoi pas ! Pour entrainer une suite de quolibets qui feraient jouir la première des sadomasochistes au milieu d’une manifestation contre le mariage pour tous ? C’est vrai que The Edge recycle des pans entier de guitare maintes fois utilisés, des idées (si si ils en ont) de Passengers (projet sorti entre Zooropa et Pop) recyclées elle aussi. Que Bono gonfle avec ses vocalises de plus grosse merde du monde, d’une bonne centaine de Kuraks (le kurak étant l’unité de mesure établi par l’office des standards et mesures des matières fécales de Zurich), mais le groupe arrive encore par moment (le refrain de Iris par exemple) surtout sur la seconde partie de l’album à nous faire espérer toujours en eux (alors que je n’ai jamais rien espéré d’un groupe comme Vampire Weekend qui est quand même plus cool que les banquiers irlandais)

Ce disque et surtout sa distribution montre bien toute la bêtise de notre époque. Bêtise du commerce à tout va qui valide l’idée que la musique devient un produit d’appel, tout comme l’essence pour une grande surface, mais aussi la bêtise des réactions d’acheteurs de produits à la pomme, d’acheteurs de musique, mais qui, sous couvert d’une déontologie parfois aussi feinte que l’intelligence dans le regard de Ribery, ne supporte pas que leur bibliothèque virtuelle soit souillée par des fichiers numériques gratuits (je vais me faire fort de demander à couper le son des radios quand je vais me racheter des pantalons dans une grande enseigne, non mais fait pas déconner).

Nous sommes donc dans l’époque de l’indignation, même la plus inepte, l’heure est à la défense de son droit de brailler et de s’indigner. Alors indignez vous une fois de plus, nous n’avons peut être pas le même corset.