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Matt Eliott adore faire des concerts à Paris, son public fidèle est venu nombreux l’applaudir, comme Babeth, que je remercie pour ces beaux clichés qui a parcouru 650 KM pour le voir. Sarcastique, timide, Matt Elliott démarre sur le tube "Sarko enculé", les boucles peuvent vite devenir cacophoniques, mais Matt Elliott est un surdoué du sampling en live, il réussit toujours à se surpasser, réinventant à chaque concert ses compositions. Sa voix est enregistrée en direct, la démultipliant, il excelle dans la construction de poupées russes vocales, comme si tout un bar de l’est bourré à la vodka se mettait à chanter en coeur. Il ne sait pas toujours où il va, c’est ce qui est intéressant dans ses prestations, d’ailleurs sur "the Kursk", lorsque sa main se dirige pour saisir la guitare acoustique, ce dernier hésite une bonne minute, concentré à la fois sur l’enregistrement de son éventail de voix, puis finalement attrape sans réléchir son mélodica. Une fois toutes les poupées enregistrées, il se baisse coinçant son instrument contre lui, la tête en bas, les bras tendus vers ses pédales d’effets posées à terre, on a l’impression que le manche de la guitare le transperce de part en part , lui s’amuse avec la reverb, envoyant le melodica pour une plongée sous-marine où la lumière ne parvient plus, puis reprend sa guitare acoustique pour une série d’accords violents comme des coups de tonnerre , la voix revient, c’est un mur de sons, c’est le grand frisson, cette fois son coup se tort pour chanter par dessus le mur, sur la pointe des pieds, je ne voudrais pas être son ennemi, car Matt Elliott est surnaturel...

Artistes Matt Elliott



Matt Elliott sur les compilations d'ÀDA